Le Sénat a adopté à l’unanimité, le vendredi 24 juillet, le projet de loi relatif aux marchés boursiers, franchissant une étape majeure vers la modernisation du système financier de la République démocratique du Congo. Porté par le ministre des Finances, Doudou Fwamba, ce texte établit le cadre juridique indispensable à la création de la future Bourse de Kinshasa, appelée à jouer un rôle central dans le financement de l’économie nationale.
Cette réforme introduit plusieurs innovations structurantes. Elle prévoit notamment la création de l’Autorité des marchés financiers (AMF), chargée de réguler et de superviser les activités boursières afin de garantir la transparence et la confiance des investisseurs. Le texte consacre également la mise en place de deux marchés distincts : une Bourse des valeurs mobilières, destinée aux titres financiers, et une Bourse des marchandises, dédiée aux produits de base.
L’un des principaux apports de cette loi réside dans l’ouverture de nouvelles sources de financement pour les entreprises. Les petites et moyennes entreprises (PME), tout comme les grandes sociétés, pourront désormais mobiliser des capitaux directement sur le marché financier, sans dépendre exclusivement des établissements bancaires. Cette évolution devrait favoriser l’investissement privé et soutenir la croissance des entreprises congolaises.
Le texte apporte également des innovations dans des secteurs stratégiques de l’économie. Dans les domaines minier et agricole, il intègre des mécanismes de traçabilité des titres miniers ainsi que des dispositions visant à renforcer la valorisation des produits agricoles. Ces mesures devraient contribuer à une meilleure gouvernance des ressources naturelles et à une plus grande compétitivité des filières de production nationales.
Les autorités misent sur plusieurs retombées économiques majeures. La nouvelle législation vise d’abord à mobiliser l’épargne nationale en l’orientant vers des investissements productifs. Elle ambitionne ensuite de renforcer l’indépendance financière de la RDC en réduisant progressivement sa dépendance aux financements extérieurs. Enfin, elle instaure un dispositif de protection des investisseurs en renforçant la lutte contre les délits d’initiés, les manipulations de marché et les autres pratiques susceptibles de compromettre l’intégrité du système financier.

Saluant l’adoption de ce texte, le président du Sénat, Jean-Michel Sama Lukonde, a estimé que cette réforme marque une avancée déterminante pour le pays. « Avec cette loi, la RDC se dote enfin d’outils pour entrer dans la modernité financière. C’est un pas décisif vers la diversification de notre économie », a-t-il déclaré à l’issue de la séance.
Adopté après avoir été enrichi par la commission Économie, finances et contrôle budgétaire (ECOFIN) du Sénat, le projet de loi sera désormais examiné par une commission mixte paritaire Assemblée nationale-Sénat afin d’harmoniser les versions des deux chambres. Une fois cette étape achevée, le texte sera transmis au Chef de l’État pour promulgation, ouvrant ainsi la voie à la mise en place effective des marchés boursiers en République démocratique du Congo.