Le Gouvernement de la République démocratique du Congo lance officiellement, ce jeudi 16 juillet à Bumba, dans la province de la Mongala, le projet « Riz Bumba, Loso na Biso », une initiative destinée à faire de la production locale de riz un levier de souveraineté alimentaire et de développement économique. Porté par le ministère de l’Économie nationale avec l’appui financier du Fonds de Régulation Économique (FOREC), ce programme entend renforcer durablement la filière rizicole congolaise.
Ce projet est le fruit d’un processus entamé en octobre 2025, à la suite d’une mission de terrain conduite à Bumba par le Vice-Premier ministre, ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba. Les échanges avec les producteurs, les opérateurs économiques, les autorités locales et les représentants de la société civile avaient permis d’identifier la relance de la riziculture comme une priorité stratégique.
« Les consultations (…) avaient alors permis d’identifier la relance de la filière rizicole comme une priorité stratégique pour renforcer la production nationale, réduire la dépendance aux importations et soutenir le développement économique de la province de la Mongala », souligne le communiqué.
La mise en œuvre du projet sera assurée par la Société Rizicole de Bumba (SRB S.A.U.), filiale de Plantations et Huileries du Congo (PHC S.A.), dans le cadre d’un partenariat public-privé. Selon le Gouvernement, « il traduit une approche fondée sur la complémentarité entre l’action publique et l’expertise opérationnelle du secteur privé au service d’un objectif commun : accroître durablement la production nationale de riz ».
L’initiative repose également sur une forte implication de plusieurs ministères. Le ministère de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire assurera la certification des semences et l’encadrement technique des producteurs, tandis que le ministère du Développement rural pilotera la réhabilitation des routes de desserte agricole. De son côté, le ministère des Infrastructures et Travaux publics sera chargé du contrôle technique des travaux afin de garantir des infrastructures adaptées à l’évacuation des récoltes. Cette coordination vise à renforcer l’ensemble de la chaîne de valeur agricole, de la production jusqu’à la commercialisation.
Déployé sur la période 2026-2030, le projet prévoit l’accompagnement de près de 30 000 producteurs partenaires agréés, la création de sept unités de transformation rizicole et une production cible de 250 000 tonnes de riz d’ici 2030. Le Gouvernement espère ainsi accroître significativement l’offre nationale et réduire progressivement les importations de cette denrée de première nécessité.
Le programme accorde également une place importante à l’inclusion sociale et économique. « Le projet place également l’inclusion économique au cœur de son action. Il ambitionne que 40 % des bénéficiaires directs soient des femmes et 35 % des jeunes », précise le communiqué. Les autorités estiment par ailleurs que cette initiative permettra de créer plusieurs milliers d’emplois directs et indirects et d’augmenter de 20 à 25 % les revenus des producteurs, tout en stimulant l’entrepreneuriat rural.
À terme, le Gouvernement ambitionne de faire de « Riz Bumba, Loso na Biso » un modèle de développement agricole capable de renforcer la sécurité alimentaire nationale. « Le projet contribuera à renforcer la sécurité alimentaire nationale, à réduire progressivement la dépendance aux importations de riz et à promouvoir une production locale capable de répondre durablement aux besoins du marché congolais », conclut le communiqué. Les orientations stratégiques seront assurées par le ministère de l’Économie nationale, tandis que le FOREC accompagnera la mise en œuvre et que la SRB conduira l’exécution opérationnelle du projet.